MA MÉTHODOLOGIE — Une approche structurée pour capter les tendances
Le principe fondateur
Je laisse le marché me montrer les entreprises qui attirent les acheteurs. Une fois la tendance identifiée, je vérifie que le fondamental est suffisamment solide pour justifier une prise de position durable.
C'est le graphique qui sélectionne — pas moi. Je ne cherche pas les meilleures entreprises pour ensuite attendre un point d'entrée. Je laisse la technique faire le premier tri, je valide par le fondamental, et je gère par les signaux.
Il est impossible de prévoir les marchés. Impossible d'acheter au plus bas et de vendre au plus haut. Toute approche construite sur cette illusion est condamnée à l'échec. La mienne part du postulat inverse : je ne cherche pas à anticiper — je cherche à confirmer. Prendre une tendance déjà affirmée ou en cours de retournement est statistiquement plus simple, plus fiable et moins risqué que de chercher à deviner un point de retournement exact. Ce que je perds en timing d'entrée, je le gagne largement en probabilité de succès.
ma base de travail
Le socle — les ETF indiciels
Un indice ne dépose pas le bilan. Il s'auto-nettoie en permanence — les perdants sortent, les gagnants entrent, mécaniquement, sans décision de ma part. Il est statistiquement difficile à battre dans la durée. Et combiné à une lecture technique rigoureuse pour optimiser les points d'entrée, il constitue la base la plus solide pour un investisseur particulier.
L'ETF est simplement le véhicule le plus efficace pour s'y exposer — frais réduits, liquidité totale, transparence complète.
Ma structure de portefeuille
PEA-PME — exclusivement dédié aux small caps françaises et européennes éligibles.
PEA classique — organisé en trois poches :
- Socle indiciel à 60-70% — ETF grands indices dans un cadre fiscal optimisé
- Grandes capitalisations étrangères hors sentiers battus — principalement hollandaises, belges et espagnoles achetées sur le marché allemand
- Poche allemande — conviction de cycle long sur des valeurs de qualité à valorisation déprimée
CTO — valeurs américaines en direct et opportunités hors zone PEA.
Peu de valeurs françaises en ce moment — la conjoncture génère peu d'opportunités techniques solides sur les unités de temps longues. Passer son tour est une décision de gestion à part entière.
Les small caps — l'univers que j'affectionne
C'est là que se font les plus grands écarts de performance. Des entreprises méconnues, des métiers hors norme, des niches que personne ne soupçonne — et des pépites que le marché n'a pas encore découvertes.
La mécanique est toujours la même — une valeur stagne dans l'indifférence, un déclencheur l'anime, elle monte, tout le monde en parle au mauvais moment, elle redescend comme un soufflé et le marché oublie. L'analyse technique sur les unités de temps longues permet d'identifier ces cycles avant la foule — et d'en sortir avant la panique.
Sur ce compartiment le management est souvent tout. Un dirigeant visionnaire et transparent peut transformer une entreprise ordinaire en success story. Un dirigeant opaque peut détruire une entreprise prometteuse en quelques exercices. C'est un critère déterminant dans mon filtre fondamental.
ÉTAPE 1 — La détection : les screeners

Tout commence par quatre à cinq screeners très précis qui tournent en permanence sur les unités de temps mensuelle et hebdomadaire. Trois signaux déclenchent l'attention :
Le RSI qui passe en zone de surachat sur le mensuel et l'hebdo — signe d'une accélération momentum significative.
Le croisement des EMA 5 et EMA 13 entre elles et avec le cours sur les deux unités de temps — un signal de tendance qui confirme l'alignement directionnel.
Un indicateur momentum qui passe par le point zéro et se fixe sur le point 100 en mensuel et hebdo — le signal le plus exigeant, celui qui filtre les configurations les plus solides.
Lorsqu'un même nom ressort régulièrement et simultanément sur plusieurs screeners il passe à l'étape suivante. Un signal isolé ne suffit pas — c'est la répétition qui déclenche l'analyse approfondie.
ÉTAPE 2 — La vue globale : les quatre tableaux simultanés

La valeur retenue est affichée en simultané sur quatre graphes — mensuel, hebdomadaire, daily et 2H. Chaque graphe a ses propres indicateurs, sa propre échelle et son propre affichage. Ce n'est pas la même lecture répétée quatre fois — c'est quatre angles de vue complémentaires sur la même réalité.
Cette vue simultanée donne immédiatement une image globale de la vie de la valeur — sa tendance de fond, sa dynamique récente, ses niveaux clés, et la cohérence ou la divergence entre les unités de temps.
ÉTAPE 3 — L'analyse en entonnoir

Le mensuel — la tendance de fond
C'est le premier filtre sérieux. Le mensuel répond à une question simple : quelle est la tendance de fond ? Est-ce que la valeur est potentiellement en train de se retourner, déjà en phase de hausse confirmée, ou dans une configuration qui ne correspond pas à mes critères ? Si la réponse est positive, on passe à l'étape suivante. Sinon, on passe son tour — sans état d'âme.
Je cherche sur le mensuel :
- Un retournement de tendance /Une cassure de résistance /Une accélération du RSI /Un momentum qui se retourne /Une première concordance avec l'hebdo
L'hebdomadaire — l'écran principal
C'est l'unité de temps centrale de toute mon approche. Une analyse complète de tous les signaux est refaite sur l'hebdo, puis recoupée avec le mensuel. La concordance entre les deux est indispensable. L'hebdomadaire a une vertu majeure : il gomme les soubresauts, les faux signaux et le bruit que génèrent le daily et les unités de temps inférieures. Il permet de voir clairement la structure, de tenir une position sereinement et de ne pas réagir à chaque mouvement de court terme.
Le daily — l'affinage des points d'entrée
En cas de validation sur le mensuel et l'hebdo, le daily permet d'affiner le point d'entrée. Plus réactif, il donne une lecture plus précise du momentum à court terme et permet d'optimiser le timing d'entrée sans dégrader la lecture de fond.
Le 2H — l'indicateur avancé
Le graphe en deux heures est utilisé comme indicateur avancé de l'évolution des cours et de leur direction. Il ne commande pas les décisions — il les affine et les anticipe. C'est aussi sur cette unité de temps que certains signaux secondaires de renforcement ou d'allègement sont détectés.
La concordance — le filtre ultime
Un signal n'est retenu que lorsque les quatre unités de temps sont en concordance — mensuel, hebdomadaire, daily et 2H. Pas de signal pour remplir. Pas de publication forcée. Quand les conditions ne sont pas réunies il n'y a rien — et savoir s'abstenir fait partie du travail.
ÉTAPE 4 — L'analyse graphique et les indicateurs

L'analyse se déroule en deux temps distincts et complémentaires.
La lecture graphique d'abord
Supports et résistances clés, points d'entrée idéaux, zones neutres à éviter, objectifs et niveaux d'invalidation — tout est déterminé graphiquement avant de regarder un seul indicateur. Le graphe brut dit déjà beaucoup.
Les indicateurs ensuite
des franchissements de zones et de points précis qui déclenchent les alertes et valident ou invalident ce que le graphe suggère. Leur rôle est fondamental : éliminer l'émotion du processus de décision. Un signal se déclenche ou ne se déclenche pas. Il n'y a pas de place pour l'interprétation subjective
La combinaison des deux — lecture graphique et signaux indicateurs — est ce qui construit le scénario final..
ÉTAPE 5 — La construction du scénario

À partir de l'analyse complète, un scénario précis est échafaudé : niveau d'entrée, objectifs, invalidation, taille de position, et décision sur la ligne — ligne complète, demi-ligne ou attente avec alertes posées.
À ce stade, les décisions ne m'appartiennent plus vraiment. Ce sont les indicateurs et le money management qui commandent. Tant qu'aucun signal ne s'inverse, quoi qu'il se passe sur les marchés, la position est tenue. Ce sont les changements de signaux et les zones graphiques décidées par avance qui déterminent si j'entre, sors, renforce ou allège — rien d'autre. Cette discipline est la seule protection efficace contre les biais émotionnels.
LE MONEY MANAGEMENT — La protection du capital avant tout

C'est le pilier qui rend tout le reste possible dans la durée.
Le calcul de la position
La taille de chaque position est déterminée non pas par une conviction ou une intuition, mais par trois paramètres fixes : le point d'entrée, le niveau d'invalidation, et le montant de perte maximale toléré sur le trade.
Un exemple concret : une action à 100€, stop à 95€, perte maximale tolérée 200€. Le calcul est simple — 100 - 95 = 5€ de risque par action. 200€ / 5€ = 40 actions. Mise de départ : 4 000€. Ce ne sont jamais les convictions qui déterminent la taille de la position — c'est toujours la différence entre l'entrée et le stop, rapportée au montant de perte accepté.
La remontée du stop à zéro
Dès que le scénario est validé par le marché, le stop est remonté au niveau du prix d'entrée. L'objectif principal n'est pas le gain — c'est d'abord la protection du capital. Une fois le stop à zéro, la position ne peut plus perdre. On joue avec l'argent du marché.
Le renforcement progressif
À chaque signal secondaire validant une cassure de résistance en hebdo ou en 2H, la ligne est renforcée de 10% du montant en cours. Ce renforcement progressif permet de construire une position conséquente sur une tendance confirmée, sans jamais s'exposer massivement dès le départ.
Les sorties graduelles
Les sorties ne sont jamais binaires. Elles se font par tiers selon la hiérarchie des signaux : un tiers sur signaux daily et 2H combinés, un tiers sur signaux daily et hebdo combinés, sortie totale uniquement quand tous les signaux valident une inversion sur l'ensemble des unités de temps.
Les stops ASD — Automatiques Sur Déclenchement
Un stop ASD n'est pas un stop classique posé à un niveau fixe dès l'entrée en position. C'est un stop conditionnel — il n'existe et ne se déclenche que lorsque les conditions définies à l'avance sont réunies. Tant que ces conditions ne sont pas atteintes, il n'y a pas de stop actif sur la position.
Concrètement cela signifie que la sortie n'est jamais déclenchée par un simple mouvement de prix — elle l'est par un changement de configuration. Le marché doit dire clairement que le scénario initial ne tient plus pour que le stop s'active.
Pourquoi pas de stop net classique
Un stop fixe placé à un niveau précis est visible. Les algorithmes et les teneurs de marché savent exactement où les stops des particuliers sont regroupés — souvent sous un support évident ou au-dessus d'une résistance claire. Ces niveaux sont régulièrement chassés avant que le mouvement initial reprenne. Combien de fois a-t-on vu un cours plonger brièvement sous un support pour remonter immédiatement après, emportant au passage tous les stops placés à cet endroit ? Le stop ASD réduit considérablement ce risque en ne se déclenchant pas sur un simple excès de volatilité.
Ce qui déclenche un stop ASD
Les signaux indicateurs sur les unités de temps de référence — lorsqu'un ou plusieurs indicateurs suggèrent un affaiblissement sérieux du mouvement ou une inversion probable, le stop est posé ou resserré. C'est le signal qui décide, pas l'émotion.
Les lignes de tendance obliques — le stop suit la ligne tant qu'elle est respectée. Un franchissement en clôture active la sortie. Le stop monte avec le cours — il protège les gains accumulés sans brider le mouvement.
Les moyennes mobiles significatives — elles servent de stop suiveur dynamique. Tant que le cours évolue au bon côté de la moyenne sur l'unité de temps de référence, la position est tenue. Le franchissement en clôture déclenche l'action.
L'avantage psychologique
Un stop ASD oblige à définir à l'avance les conditions exactes de sortie — pas un niveau de prix arbitraire, mais une configuration de marché précise. Cela retire une grande partie de la charge émotionnelle de la gestion. Quand les conditions sont réunies, on sort — pas parce qu'on a peur, pas parce que le cours a baissé de 3%, mais parce que le marché a objectivement changé de configuration. C'est la différence entre subir le marché et le lire.
La demi-ligne
Lorsque le scénario est valide mais que la valeur présente un profil de risque plus élevé, des stops plus éloignés ou une configuration moins idéale, l'entrée se fait sur une demi-ligne. La seconde moitié sera construite si les signaux ou les résistances clés sont franchis et confirmés.
LE FILTRE FONDAMENTAL

Une fois la tendance identifiée je vérifie que le fondamental est suffisamment solide pour justifier une prise de position durable.
Ce filtre ne sélectionne pas les valeurs — il élimine les mauvaises. La différence est fondamentale. Je ne cherche pas la meilleure entreprise du monde. Je cherche à éviter les pièges — les valeurs qui ont un beau graphique mais un modèle économique défaillant.
Six questions suffisent :
L'entreprise gagne-t-elle de l'argent ? Un résultat net positif sur plusieurs exercices consécutifs est le premier signal de viabilité.
Génère-t-elle du cash ? Le cash-flow opérationnel positif et en croissance est plus révélateur que le résultat net — il ne ment pas.
La dette est-elle maîtrisée ? Un ratio dette/fonds propres raisonnable et un désendettement progressif sont des signaux positifs. Une dette qui explose sans croissance proportionnelle est un signal d'alarme.
Y a-t-il eu des augmentations de capital récentes ? Des AK fréquentes signifient que l'entreprise ne se finance pas par sa propre activité — c'est un signal éliminatoire dans la majorité des cas.
Le secteur est-il porteur ? Une bonne entreprise dans un secteur en déclin structurel reste une mauvaise position. Le vent dans le dos ou de face change tout.
Le management est-il crédible ? Communication transparente, cohérence entre les discours et les actes, actionnariat personnel des dirigeants dans leur propre société — ces éléments sont lisibles et parlants.
Si les réponses sont satisfaisantes je conserve le dossier. Si le fondamental est mauvais je rejette — même si le graphique est séduisant. Le signal technique peut être parfait — la réponse est non.
Le rythme de travail
Chaque matin bien avant l'ouverture des marchés : passage en revue de toutes les positions en cours, vérification de l'ensemble des screeners et des signaux, analyse des configurations nouvelles. L'ouverture des cours est ensuite observée pour décider de se positionner ou non en fonction de ce que le marché confirme ou infirme.
Une règle tirée de l'expérience, souvent douloureuse : chaque fois que je ne respecte pas mes principes je prends une porte dans la figure. La discipline n'est pas une option — c'est la condition sine qua non de la durée.
En résumé
Ma méthode tient en trois phrases :
Le graphique sélectionne. Le fondamental valide. Les signaux gèrent.
Ce n'est pas une méthode de stock-picking — je ne pars pas à la recherche des meilleures entreprises. Ce n'est pas du trading pur — je ne cherche pas à scalper des mouvements de court terme. C'est une approche de suivi de tendance avec filtre fondamental — je laisse le marché me montrer ce qui monte, je vérifie que ça mérite de monter, et j'accompagne le mouvement aussi longtemps que les signaux le justifient.
Cette méthodologie est le fruit de vingt-cinq ans de pratique, d'erreurs et d'apprentissages. Elle est partagée ici dans un esprit de transparence, non comme une méthode à reproduire. Chaque trader doit construire l'approche qui correspond à sa psychologie, son capital et ses objectifs. Ces publications ne constituent pas un conseil en investissement.